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Journée de la gentillesse : le 3 ou le 13 novembre, et comment la réussir

Si vous cherchez la date de la journée de la gentillesse, vous êtes probablement tombé sur deux réponses différentes. C'est normal, et la raison mérite d'être connue. Voici les deux dates et leur histoire, six idées pour marquer le moment dans une équipe, et ce que la gentillesse produit réellement au travail.

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Le 3 ou le 13 novembre ? Les deux, et voici pourquoi

La journée mondiale de la gentillesse est le 13 novembre. Elle est née au Japon dans les années 1980, avant d'être reprise à l'international par le World Kindness Movement, une coalition d'organisations constituée à Singapour en 2000.

En France, elle est célébrée le 3 novembre. Elle a été introduite en 2009 par le magazine Psychologies, et la date a ensuite été décalée par respect pour la commémoration des attentats du 13 novembre 2015.

Concrètement, pour une organisation française, retenez le 3 novembre. Si vous avez des équipes à l'étranger, le 13 reste la date de référence dans le reste du monde, et rien n'interdit de marquer les deux.

La gentillesse au travail, une naïveté ?

C'est l'objection qui revient en premier quand on propose ce type de journée en entreprise. Elle mérite une réponse claire.

La gentillesse dont il est question ici n'a rien à voir avec le fait de tout accepter ou de ne jamais dire non. Il s'agit de la disposition à rendre le travail des autres plus simple : prévenir quand on va être en retard, expliquer une deuxième fois sans soupirer, partager une information au lieu de la garder, signaler à quelqu'un que son travail vous a servi.

Ces gestes ne coûtent presque rien et ils s'additionnent. Dans une équipe où ils existent, l'information circule, les erreurs se disent plus tôt, et les gens restent. Dans une équipe où ils ont disparu, chacun se protège, et tout devient plus lent.

C'est aussi le registre le plus accessible. Demander à quelqu'un de formuler une reconnaissance construite peut l'intimider. Lui demander d'être gentil, non. C'est par là qu'on commence.

Ce que la recherche a mesuré

Une étude publiée dans la revue Emotion en 2018 a suivi les salariés de Coca-Cola Iberia, à Madrid, pendant quatre semaines, avec un suivi trois mois plus tard. Le protocole était simple. Un premier groupe recevait pour consigne d'accomplir chaque semaine de petits actes de gentillesse envers des collègues désignés à leur insu. Un deuxième groupe recevait ces gestes sans savoir qu'une expérience était en cours. Un troisième servait de groupe témoin.

Trois résultats méritent d'être retenus.

  • Ceux qui donnent en profitent le plus. Satisfaction de vie et satisfaction au travail en hausse, symptômes dépressifs en baisse, avec des effets encore mesurables trois mois après la fin de l'expérience.
  • Ceux qui reçoivent se mettent à donner. Le groupe des bénéficiaires a accompli 278 % d'actes de gentillesse de plus que le groupe témoin. La gentillesse se propage sans qu'il faille l'organiser.
  • Le sentiment d'autonomie progresse. Chez les bénéficiaires, être aidé n'a pas créé de dépendance. Cela a renforcé le sentiment de maîtrise sur leur propre travail.

Autrement dit, quelques gestes suffisent à enclencher une chaîne, à condition de les lancer sérieusement. Et les premiers gagnants sont ceux qui font le geste.

Source : Chancellor, Margolis, Bao et Lyubomirsky, « Everyday prosociality in the workplace », Emotion, 2018. D'autres travaux dans le même sens sont rassemblés dans notre page sur la science de la reconnaissance.

Six idées pour marquer la journée dans votre équipe

1. Le défi des trois gestes

Chacun s'engage à trois gestes utiles dans la journée : rendre un service, transmettre une info, aider quelqu'un sur une tâche. Rien à écrire, rien à organiser. C'est le format le plus simple et il touche tout le monde.

2. Le mur des mercis discrets

Un mur, des cartes, et une consigne précise : écrire à quelqu'un dont le travail vous facilite la vie sans qu'il le sache. Ce cadrage évite que les mêmes reçoivent tout.

3. Le tour de table inversé

En réunion, chacun cite une chose qu'un collègue a faite et qui l'a aidé. Cinq minutes, et le manager passe en premier pour lever la gêne.

4. La gentillesse entre services

Chaque service écrit à un autre service. C'est là que les tensions du quotidien se dénouent le plus vite, et c'est souvent ce dont les gens reparlent des semaines après.

5. Le mur en ligne pour les équipes dispersées

Si une partie de vos équipes est à distance ou sur plusieurs sites, le papier exclut. Un mur accessible par un lien ou un QR code remet tout le monde au même niveau. C'est ce que permet la plateforme Listen Leon.

6. Le geste de la direction

Un message court d'un membre du comité de direction, qui cite deux ou trois personnes précises pour un fait précis. C'est ce qui donne à toute l'opération sa légitimité.

Ce que nous observons sur des centaines de milliers de messages

Sur la plateforme Listen Leon, nous voyons ce que les gens s'écrivent réellement au travail. La gentillesse et le compliment représentent environ la moitié des messages échangés. Viennent ensuite l'appréciation, pour un quart environ, puis la reconnaissance au sens plein, et enfin la simple politesse.

Autrement dit, la gentillesse est de loin le registre le plus naturel dans une équipe. C'est une bonne nouvelle : la matière est déjà là, il ne manque souvent qu'un endroit pour l'exprimer.

Gentillesse, bienveillance, reconnaissance : trois mots, trois niveaux

Les trois mots sont souvent employés l'un pour l'autre. Ils ne recouvrent pas la même chose, et la distinction devient utile le jour où vous cadrez une animation.

  • La gentillesse est un comportement. Elle se voit dans les gestes du quotidien et elle s'adresse à tout le monde, sans condition.
  • La bienveillance est une intention. Elle consiste à supposer le meilleur chez l'autre avant de juger. Elle reste souvent invisible.
  • La reconnaissance est un acte adressé. Elle nomme un fait précis, réalisé par une personne précise, et l'effet que ce fait a produit.

Une équipe peut être très gentille et ne jamais se reconnaître. C'est même la situation la plus fréquente que nous rencontrons. Les gens s'apprécient, se rendent service, et personne ne dit jamais à personne ce que son travail a changé pour lui.

La journée du 3 novembre est un bon prétexte pour franchir ce pas, parce qu'elle autorise à parler de ce qui va bien sans que cela paraisse déplacé.

La marche suivante

Une journée de la gentillesse réussie donne envie d'aller un cran plus loin. Le passage se fait avec trois ingrédients simples, que vous pouvez afficher au-dessus du mur.

  • Un fait précis plutôt qu'une qualité générale. « Tu es quelqu'un de bien » se dilue, « la façon dont tu as géré le client mardi » reste.
  • Un effet nommé, ce que ce fait a changé pour vous ou pour l'équipe.
  • Une personne, pas un service.

C'est ce qui distingue un mot gentil d'une reconnaissance qui marque. Le fond du sujet est développé dans notre guide de la reconnaissance au travail, et c'est l'objet de notre formation à la reconnaissance.

Les quatre erreurs à éviter

  1. Rendre l'exercice obligatoire. Un geste commandé se voit. Invitez, relancez, n'imposez pas.
  2. Confondre gentillesse et complaisance. Si la journée laisse entendre qu'il ne faut plus rien se dire de difficile, elle produit l'inverse de l'effet recherché.
  3. Oublier ceux qu'on ne voit pas. Les équipes de nuit, les sites distants, les fonctions support. Ce sont souvent celles et ceux à qui ça fait le plus d'effet.
  4. Ne rien garder. Photographiez le mur, imprimez les plus beaux messages, ou conservez-les quelque part. Sans trace, il ne reste rien le 4 novembre.

Prolonger au-delà de la journée

Une journée isolée retombe en une semaine. Deux gestes suffisent à en faire un point de départ : garder le mur ouvert un mois de plus sans relance, pour voir qui continue de son propre chef, et fixer le prochain rendez-vous avant la fin de la journée.

Si vous cherchez d'autres dates dans l'année, la journée mondiale du merci du 11 janvier tombe à la reprise et se prépare en un rétroplanning simple, la journée du compliment du 1er mars se prête bien aux animations, et la semaine QVCT de juin permet un format plus long.

Les questions qu'on nous pose

Quelle est la date exacte ?

Le 13 novembre dans le monde, le 3 novembre en France. Les deux dates coexistent. En 2026, le 3 novembre tombe un mardi, ce qui est confortable pour une animation en présentiel.

Faut-il un budget ?

La version papier ne coûte que le temps de préparation et quelques cartes. Une version en ligne, avec un mur de messages que chacun conserve, suppose un outil. Dans les deux cas, le vrai coût est ailleurs : quelqu'un doit porter le sujet et relancer.

Combien de temps pour préparer ?

Deux semaines suffisent pour un format simple. Comptez plutôt un mois si vous voulez un message de la direction, des affiches avec de vraies photos des équipes, et une impression des plus beaux messages.

Et si personne ne joue le jeu ?

Le risque existe surtout quand l'opération arrive sans contexte, un matin, par mail. Deux choses changent le taux de participation : un membre de la direction qui écrit le premier, et une consigne concrète. « Écrivez à quelqu'un » ne déclenche rien. « Écrivez à quelqu'un dont le travail vous a facilité la vie cette semaine » déclenche beaucoup.

Est-ce que ça fonctionne avec des équipes à distance ?

Oui, et c'est même là que l'effet est le plus fort, parce que ces équipes reçoivent naturellement moins de retours. Il faut simplement un support accessible à tous, sans compte à créer ni mot de passe à retrouver.

Est-ce adapté aux métiers de terrain et aux soignants ?

Oui. Nous travaillons avec des hôpitaux et des établissements de santé, où les messages passent par un QR code affiché dans les services. Les professionnels se remercient entre eux, et les patients et leurs familles peuvent aussi écrire.

Dans tous les cas, parlons-en. Nous vous dirons franchement quel format correspond à la maturité de votre organisation.

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